10.11.2007
un aller simple
Entre temps, je reçois de plus en plus de témoignages. Divers témoignages et diverses demandes d’aide.
Des témoignages de parents victimes du rapt de leur enfant. Je ne peux raconter toutes les histoires, alors je vais reprendre celle qui m’a le plus choquée. C’est l’histoire d’une maman qui avait pour époux un Suisse. Après le mariage, son mari veut se reconvertir en musulman. Une nouvelle étonnante, mais elle accepte en précisant bien qu’elle n’est pas attirée par cette religion et qu’il ne sera pas question d’imposer ce choix à leurs enfants. Elle propose à son mari que leurs futurs enfants puissent choisir leur religion librement quand ils en auront envie. Le mari est d’accord, et ils eurent deux petites filles. Deux petites filles que très vite le père Suisse veut absolument qu’elles deviennent musulmanes, qu’elles aient une éducation islamique. La mère s’y oppose, les disputes commencent, les petites sont encore très, très jeunes.
Le père kidnappe les petites et pendant 10 ans elles seront recherchées. Entre autre par le réseau. On retrouve le père en Angleterre, mais pas les filles. Le père travaillerait là bas et encore ce n’est pas plus sur que ça.
C’est après dix ans de recherches qu’ « on » retrouve les enfants qui vivent depuis 10 ans dans une famille musulmane en Malaisie. Le père les y avaient déposées dés le départ du rapt et payait mensuellement une rente à la famille pour les élever.
Nous apprendrons plus tard, qu’à la demande du père, en Malaisie, on a excisé les deux petites.
Lorsque j’ai quitté
Autres témoignages, ou demandes d’aide, c’est de proches ou de parents « rapteurs » eux-mêmes.
Vous vous souviendrez de l’affaire « Charlotte », la petite fille que la police avait été cherchée dans son école. Les caméras s’étaient régalées de ses images hurlantes. Mais on vous avait caché la vérité. Ou de la française qui s’est retrouvée en prison, au Canada, pour rapt d’enfants.
Ahhhhhhhh, ces pauvres mamans…les gentilles kidnappeuses, qui ont fait ça pour le bien de leurs enfants… combien d’entre vous ont pleuré pour ces femmes ? Alors qu’en fait, si la presse vous avez donné la vérité, vous n’auriez pas versé une larme. Les mères ont kidnappés leurs enfants se sont planquées en France, et ont empêché le papa de leurs enfants de voir les petits bouts grandir et ce pendant des années.
Alors vous comprenez bien que notre idéologie n’a jamais été de donner un coup de pouce à ces femmes, bien au contraire… Limarola va d’ailleurs un jour écrire une lettre ouverte concernant l’attitude de la presse et du gouvernement.
Et puis d’anciens camarades de classe de Stefan qui ont appris qu’il travaillait alors comme souffleurs au théâtre de Darmstadt. Ils ont fait des recherches sur Google et ont, ainsi, découvert touts les articles et écrits concernant le rapt de Maëliss. En résumé je peux dire qu’aucun ne me critique pour mon combat bien au contraire. Ils me diront d’ailleurs que cela ne les étonne presque pas, que l’attitude de Stefan Umhey, lorsqu’il était au cours avec eux, fût déplorable, il était un élève assez désagréable. Une de ces personnes, proche de la presse, me fera la réflexion qu’il est étonnant que seule la presse allemande reste muette.
Pour ma part, je rentre dans mon nouveau travail il me plait bien. Alberto est adorable, il fait de moi sa princesse, j’ai enfin un moment doux dans ma vie.
Malheureusement Alberto tombe malade, il maigrit. Je suis inquiète, je le pousse à aller chez le médecin. Il me demande d’apprendre à vivre et de profiter de notre bonheur. Il me dit que le Bonheur est fragile, qu’il faut apprendre à ne pas le gaspiller. Je reste inquiète.
En effet, pour me rappeler que le bonheur se paye cher, comme si j’avais pu l’oublier, la vie me rappelle sa puissance cruelle, un mardi.
Alberto est hémiplégique, il se déplace comme vous et moi. Un système suisse implanté dans le ventre lui permet artificiellement de se déplacer. Une petite boite carrée, placée dans son ventre. Une boite de 175 000 CHF. Sa perte de poids, je l’avais attribuée à cette machine, je savais que des gens dans la même situation que Alberto avaient fait un rejet. Je pensais donc que c’est ça qui pouvait lui arriver. Je me disais aussi que si il refusait d’aller chez le médecin, c’est parce qu’il ne voulait pas savoir. Mes discours allaient tout doucement dans ce sens.
Finalement il part chez le médecin, seul, il ne veut pas que je l’accompagne. Quand il rentrera, Alberto a alors le regard dur, me rejette, et me fait comprendre que bientôt il faudra ne plus compter sur notre relation. Notre amour devenait alors dans sa bouche ; notre relation.
Ce que j’allais apprendre était loin de ce que je pouvais imaginer dans le pire de mes fantaisies. Alberto avait eu une leucémie, et deux rechutes. Il ne m’en avait jamais parlé. Le médecin lui venait de lui annoncer la troisième rechute.
Alberto avait pris sa décision, il allait me quitter définitivement pour un choix, celui des soins palliatifs.
En quelques heures je devais apprendre qu’il avait déjà eu 3 leucémies, trois chimiothérapies, et que cette fois ci il se refusait de se battre.
J’ai tout essayé pour le rattraper, mais il est parti sans moi en me disant juste que je n’avais pas à subir sa maladie et un nouveau combat après ce que je venais de vivre pour ma fille. Qu’il n’avait pas le droit de me faire perdre du temps pour retrouver ma fille, pour me battre.
Avant on me rejetait parce que mon affaire était trop lourde à supporter, maintenant Alberto me rejette car mon combat serait suffisant dans ma vie et sa maladie trop lourde pour s’y rajouter.
Quoi que je fasse, quoi que je pense, on me rappelle mon combat, et on me fait savoir à chaque moment opportun que celui-ci existe.
Je n’ai jamais su si sans mon combat Alberto aurait accepté de se battre contre la leucémie. D’après les informations reçues il n’y avait pas beaucoup de chance. D’après les informations reçues il est parti en soin palliatif dans un hôpital en Allemagne. Il parait qu’ils sont doués dans ce domaine. Je ne saurai jamais sa date de décès, ni le lieu où il aura été enterré. Ce fut sa volonté, une volonté que j’estime égoïste, même si il pense avoir bien agi il ne m’a jamais permis de faire mon deuil. Je lui en ai voulu, je ne suis d'ailleurs pas certaine que je lui ai pardonné.
Je pense que ce fut le moment de ma vie le plus terrible, le plus douloureux. Mes amis sont dépassés par ce qu’il m’arrive, cela devient impossible pour tout le monde, ils s’étaient tout comme moi accroché à mon nouveau bonheur.
Alberto part donc et je suis face à ce qui me reste. Ma vie n’a vraiment plus d’importance.
Le projet d’une grève de la faim. Je prends la décision que, tout doucement, le moment est arrivé.
Heureusement qu’à ce moment là je vais rencontrer l’avocat le plus fantastique que j’ai eu à rencontré dans ma vie. Il va m’aider dans mes démarches. Il s'appelle Maître Christian van Gessel.
14:18 Écrit par Maeliss , chaque jour la lune a un message pour toi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maitre van gessel, avocat van gessel, neuchatel |
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