13.11.2007

Entre la compétance d'une journaliste et le ridicule de Monsieur Dumont

 J’apprends, dans les mêmes temps, que des journaux annonçaient la situation ; le journal « La Capitale » m’a mise en première page, RTL radio annonçait l’affaire grâce à Sultana Khoumane, Nancy André prévenait ses contacts, tout le monde savait.

 

Pendant le début des interviews, mon père s’est mis dans un coin, à l’extérieur du ministère, puis il disparut.

 

Tout ce petit monde n’a bien entendu pas plu au ministre Carol Degucht, qui a envoyé son larbin pour tenter de nous dissuader de manifester. Mais ce dernier fit l’erreur de mentir devant les caméras, disant que j’avais toujours refusé de recevoir de l’aide de leur part. la presse a tourné ses caméras vers moi, le caméraman de la RTBF a même quitté sa caméra pour me regarder droit dans les yeux. Pascal a changé de couleur, il y a eu un silence que j’entends encore. Puis, Pascal a remué la tête, dans le sens du non répétitif, et a dit, d’une voix douce :

« Ça vous n’auriez pas du dire, surtout pas ça. » Pascal restait calme, mais sa voix prévenait, à elle seule, à cet homme, qu’il venait de faire une erreur énorme.

 

Le Larbin, monsieur Dumond, a compris qu’il venait tout simplement de s’enfoncer et d’enfoncer encore plus le ministère.

J’ai regardé les journalistes et je leur ai proposé de venir chez Pascal pour étudier mon dossier, pour voir toutes les lettres que j’ai adressées aux ministères, aux ministres, …sans avoir reçu de réponses ou simplement des réponses ridicules.

 

Monsieur Dumond a directement présenté ses excuses et a supplié la presse d’oublier ce qui venait de se passer. Surtout de ne pas parler de ce malheureux impair. Aucun d’eux ne présentera cet incident au public mais par contre cela a donné à beaucoup d’entre eux l’envie d’aller fouiner.

 

Les journalistes vont me demander ce que je vais faire si le ministère ne réagit pas. Je dis alors que je vais installer une caravane devant chez eux et y dormir. Pascal me regarde surpris, les autres parents sont heureux de voir que j’ai tout prévu. Seulement je n’ai rien prévu du tout, je viens de dire n’importe quoi, je n’ai pas de caravane.

Ce n’est pas de chance. Je n’avais pas prévu cette question et c’est une histoire que Pascal m’avait racontée et qui m’avait amusée qui probablement est responsable de cette réponse inattendue.

L’histoire est simple, il y a quelques années Sultana était à ma place devant ce ministère avec une bétaillère qui puait le fumier. Il parait que cela avait fait tâche surtout le jour d’une visite d’une délégation asiatique, japonaise je crois.

 

Parmi les journalistes il y a une certaine Audrey Jacquier. J’ai été abasourdie par les questions qu’elles faisaient. Elle était au courrant de tout, du SAP, des conventions internationales, des chiffres, …

Je l’interromps dans ces questions, je fais arrêter la machine journalistique pour à mon tour lui poser une question.

En résumé :

« Comment vous savez tout ça ? vous êtes la première journaliste qui savez de quoi vous parlez. »

 

Elle m’explique alors que cela fait plus de six mois qu’elle travaille sur ces affaires de rapts d’enfants, que depuis longtemps elle savait qu’un jour il y aurait un scandale, qu’elle savait que ce jour là elle devait avoir tout en main.

 

Et tout en main, elle l’avait, elle avait toutes les connaissances dans le domaine. Trop forte cette journaliste.

 

 

C’est ainsi que Audrey Jacquier qui travaillait pour la RTBF met en place une structure de recherche et que chaque jour on peut voir les résultats de son enquête. Elle va tout simplement faire un travail exceptionnel. Qui ne va probablement pas plaire à tout le monde.

 

Chaque jour, nous serons devant le ministère. Je ne serai jamais seule. On va parler de nous, et de notre combat dans tous les journaux, les radios, les TV.

 

Nous commençons par une présence de deux heures par jour, un conseil de Pierre Goset, papa victime du rapt de ses jumelles vers Chypre.

DH 02 Aout 2005
DH 02 AOUT 2005 2