13.01.2010

Proposition de loi modifiant l'article 1322undecies

Proposition de loi modifiant l’article 1322undecies du Code judiciaire afin de permettre au juge d’ordonner le retour de l’enfant ayant fait l’objet d’un rapt parental dès le prononcé du jugement

Déposée par Mme Christine Defraigne

 

 

DEVELOPPEMENTS

 

Selon Amnesty International[1], un rapt parental a lieu tous les deux jours en Belgique, si bien que des centaines d’enfants deviennent chaque année « orphelins » de père ou de mère dans notre pays.

Le rapport de l’année 2008[2] publié par « Child  Focus » relatant les activités de l’ASBL confirme ces chiffres. Child Focus a traité, en 2008,  231  dossiers  impliquant 333  enfants effectivement  enlevés  par  un  parent  vers l’étranger. La situation est similaire à 2007 (232 dossiers pour 331 enfants).

S’agissant des nouveaux cas, 157 dossiers (concernant 220 enfants) ont été ouverts à titre préventif, parce que l’un des parents craignait que son ou ses enfant(s) soi(en)t emmené(s) à l’étranger. En 2008, 115 dossiers effectifs d’enlèvements internationaux d’enfants ont pu être clôturés. Ce  chiffre est dans la lignée de 2007 (117 dossiers).

A cela doivent encore s’ajouter les rapts parentaux internationaux exclusivement gérés par l’Autorité centrale, ceux gérés par la Direction des Affaires Consulaires du SPF Affaires étrangères qui s’occupe des enlèvements parentaux internationaux lorsque le parent rapteur se trouve dans un pays avec lequel la Belgique n’est pas liée par une convention et, enfin, ceux gérés par la police lorsque, et cela arrive souvent, le parent victime ignore jusqu’à l’existence de l’Autorité centrale ou du rôle du SPF Affaires étrangères.

En Belgique, il est question d’enlèvement parental international quand un parent (ou un tuteur) emmène son (ses) enfant(s) dans un pays autre que celui où il(s) réside(nt) habituellement, sans avoir reçu l’autorisation légale de l’autre parent. Cette définition s’applique aussi aux dossiers internationaux dans le cadre desquels le droit de visite de l’autre parent n’est pas respecté.

Le tribunal de première instance compétent, en vertu des articles 1322bis et suivants du Code judiciaire, en matière de protection des droits de garde et de visite transfrontières, peut ordonner le retour de l’enfant en application de l'article 12 de la Convention de La Haye ou de l'article 11, 8, du Règlement du Conseil visés à l'article 1322bis, 3° du même code. 

La Convention de La Haye  du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants stipule qu’un enfant, quand il est emmené illicitement vers un autre pays, doit immédiatement être ramené à son lieu de résidence habituel et ce, avant que toutes décisions importantes puissent être prises concernant son  lieu de résidence définitif et  l’autorité parentale. 

Le Règlement Communautaire dit « Bruxelles 2 bis » qui prévoit les modalités d'application de la Convention précise que la juridiction doit rendre sa décision, sauf si cela s'avère impossible en raison de circonstances exceptionnelles, six semaines au plus tard après sa saisine.

La pratique nous montre cependant une toute autre réalité. La procédure d’un retour peut durer des mois, voire des années, malgré le fait que la Convention énonce que le juge doit  prendre une décision endéans un délai de six semaines.

Et quand bien même le juge déciderait d’ordonner le retour de l’enfant auprès de son autre parent, le Code judiciaire n’impose pas de délai pour le ramener. Il est seulement prévu que le juge doit fixer les modalités d'exécution de sa décision au regard de l'intérêt de l'enfant et désigner, si nécessaire, les personnes habilitées à accompagner l'huissier de justice pour l'exécution de celle-ci.

En général, le juge belge accorde au parent « rapteur » un délai d’une semaine voire d’un mois pour ramener l’enfant. Dans le meilleur de cas, le délai est de 24 heures à compter du prononcé du jugement.

 

Ces délais sont généralement trop longs car ils permettent au parent « rapteur » de disparaître à nouveau dans la nature en compagnie de l’enfant.

En outre, la plupart du temps, les enfants enlevés sont victimes du phénomène d’aliénation parentale. Le parent ravisseur manipule mentalement l’enfant afin qu’il acquière de « bonnes » raisons pour couper les ponts avec son autre parent. Les enfants qui ont subi cette maltraitance psychologique peuvent parfois développer une véritable phobie à l’égard du parent délaissé, percevant ce dernier comme une menace. Renouer les liens devient, dès lors, particulièrement difficile, surtout si l’enfant enlevé était très petit au moment du rapt et qu’il a oublié jusqu’à la langue du pays du parent délaissé.

Il est donc primordial d’éviter un tel cas de figure en empêchant que la situation se perpétue pendant un délai trop important.

Enfin, chez le parent victime du rapt et sa famille, au sentiment de détresse provoqué par la disparition de l’enfant, vient s’ajouter l’angoisse d’un éventuel non retour de l’enfant en cas de non respect du jugement par le parent condamné. La fixation d’un délai maximal pour le retour de l’enfant pourrait contribuer à apaiser, en partie, l’anxiété de la victime.

 

Pour ces différentes raisons, la présente proposition de loi préconise de remplacer l’article 1322undecies du Code judiciaire afin de donner au président du tribunal la faculté d’ordonner le retour de l’enfant dès le prononcé du jugement si le parent condamné est présent à l’audience. A défaut, il devra fixer les modalités d'exécution de sa décision au regard de l'intérêt de l'enfant et désigner, si nécessaire, les personnes habilitées à accompagner l'huissier de justice pour l'exécution de celle-ci. En pareil cas, la décision devra être exécutée dans un délai maximal de 24 heures à partir de la signification du jugement.

 

 

 

 

PROPOSITION DE LOI

 

Article 1er

 

La présente loi règle une matière visée à l'article 78 de la Constitution.

 

Article 2

 

 

L’article 1322undecies du Code judiciaire, modifié par la loi du 10 mai 2007 visant la mise en œuvre du Règlement (CE) n° 2201/2003 du Conseil du 27 novembre 2003 relatif à la compétence, la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière matrimoniale et en matière de responsabilité parentale abrogeant le Règlement (CE) n° 1347/2000, de la Convention européenne de Luxembourg du 20 mai 1980 sur la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière de garde des enfants et le rétablissement de la garde des enfants ainsi que de la Convention de La Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants, est remplacé par ce qui suit :

 

« En application de l'article 12 de la Convention de La Haye ou de l'article 11, 8, du Règlement du Conseil visés à l'article 1322bis, 3°, le président du tribunal peut ordonner le retour de l’enfant dès le prononcé du jugement si le parent condamné est présent à l’audience. A défaut, il fixe les modalités d'exécution de sa décision au regard de l'intérêt de l'enfant et désigne, si nécessaire, les personnes habilitées à accompagner l'huissier de justice pour l'exécution de celle-ci. En pareil cas, la décision doit être exécutée dans un délai maximal de 24 heures à partir de la signification du jugement ».

 

 

 

Christine Defraigne



[1] http://www.amnestyinternational.be/doc/article5650.html

[2] http://www.childfocus.be/uploads/documents/160-548-child%20focus%2008%20ra%20fr[1].pdf

06:34 Écrit par Maeliss , chaque jour la lune a un message pour toi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christine defraigne |  Facebook |

10.12.2009

Madame Defraigne: la loi pour nos enfants

Madame Christine Defraigne n'a jamais baissé les bras depuis le jour où elle nous a reçus, dans son bureau. Elle a, par la suite, reçu l'association sosraptsparentaux, présidée par Sultana Kouhmane ; elle a posé des questions au Ministre de la Justice (qui lui a raconté un conte de fées). Aujourd'hui, Madame Defraigne présente deux projets de loi. Ils sont présentés dans un article, dans la Libre Belgique.

Au travers de ces propositions de loi, Madame Defraigne, sénatrice belge, "redonne un peu de droits à nos enfants (dont la Belgique a préféré pendant bien longtemps oublier l'existence, pour ne pas se disputer avec les pays coupables de non respect des droits fondamentaux) mais aussi et surtout par paresse...

Si Madame Defraigne arrive à faire passer ses projets de loi, cela voudra dire, pour nous, que la Belgique reconnait à nouveaux ses enfants et qu'elle leur redonne enfin leur identité belge. Ce jour là, Madame Defraigne deviendra, à mes yeux, une nouvelle marraine de ma fille et je suis certaine que pour d'autres parents, il en sera de même.

 Merci Madame Defraigne, Merci du fond du cœur de n'avoir pas seulement mis des mots sur la problématique, mais d’avoir réellement traité du sujet. C'est un miracle, une première étoile dans notre ciel, j’espère que vos collègues vous entendront…

 

Pour rappel dans l’affaire de Maëliss, j’ai fait appel à l’autorité centrale belge depuis septembre 2003 (premiers jours du rapt), elle a accepté de me répondre pour la première fois en Janvier 2004 (A la suite d’un premier article de presse). Le deuxième courrier était déjà destiné à fuir leurs responsabilités. Ensuite ils se sont trompés ou m’ont trompée…

Le dernier échange de courriel avec l’autorité centrale belge  était en septembre 2009 pour me dire que Madame Machiels (N° 122) prendrait en main mon dossier et me ferait savoir au plus vite de quelle manière « on » allait pouvoir m’aider…

Depuis plus rien d’elle…

Et je ne serais pas la seule dans cette situation…

ARTICLE:

Une bouée pour les parents victimes

Annick Hovine

Mis en ligne le 10/12/2009

Entamer un procès à l’étranger coûte très cher. Christine Defraigne (MR) propose de créer une commission qui pourrait intervenir financièrement.

Quand un mariage ou une cohabitation finit par une séparation, c’est toujours dur. Ça se complique encore s’il y a des enfants. Et quand le couple est formé de personnes de nationalités différentes, ça peut devenir carrément inextricable. Ou tourner mal: en 2008, Child Focus a traité 231 dossiers d’enlèvements parentaux internationaux, impliquant 333 enfants.

On entend par rapt parental le fait qu’un parent emmène son ou ses enfant(s) dans un autre pays que celui où il(s) réside(nt) habituellement sans avoir reçu l’autorisation légale de l’autre parent.

Que peut faire un papa ou une maman confronté à ce type de drame? Si l’enlèvement parental a lieu vers un pays signataire d’une convention internationale ou multilatérale, l’autorité centrale (AC), située au sein du service public fédéral (SPF) Justice, est compétente. Un point de contact fédéral "Enlèvement international d’enfants" y a été inauguré le 27 janvier 2005. Il a pour mission d’aider le parent victime de rapt parental au niveau juridique, psychologique et financier (notamment pour les frais de rapatriement de l’enfant).

Si l’enfant se trouve dans un pays qui n’a pas signé une telle convention, c’est le service de Coopération judiciaire internationale, situé au sein du SPF Affaires étrangères, qui est compétent. Il peut faire appel aux ambassades et consulats belges à l’étranger pour tenter de localiser l’enfant et tenter d’entrer en contact avec le parent auteur du rapt.

 

Divers instruments internationaux existent pour empêcher que le parent qui se réfugie à l’étranger avec l’enfant puisse y conforter ou légaliser la situation de fait qui a été créée: la convention de Luxembourg (du 20 mai 1980) sur la reconnaissance, l’exécution ou le rétablissement des décisions en matière de garde des enfants; la convention de La Haye (du 25 octobre 1980), qui vise la protection de l’enfant en assurant son retour immédiat dans l’Etat de sa résidence habituelle quand il a été déplacé de façon illicite; le règlement communautaire, dit "Bruxelles II bis", relatif à la compétence, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière matrimoniale et de responsabilité parentale.

 

Mais quand la vie bascule pour un parent dont l’ex-conjoint a enlevé l’enfant, les textes et le dispositif actuels paraissent bien austères. Voire hors de la réalité. Un procès à l’étranger pour tenter de récupérer son fils ou sa fille coûte très cher: il faut payer les frais de procédure, les honoraires d’avocats, les billets d’avion, le séjour à l’étranger, prendre un éventuel congé sans solde Peu de parents ont les moyens d’y faire face.

"Vous devez tout, tout, tout payer", témoigne Sabine Vander Elst, dont la fille Maelis (15 ans en juin prochain) a été enlevée par son père en septembre 2003. La jeune fille réside depuis en Allemagne avec son père; sa maman ne l’a jamais revue. Elle a multiplié démarches, procédures et procès en Allemagne. "En 6 ans, la seule chose que l’autorité centrale a accepté de payer, c’est une toute petite traduction, et encore, en disant: une fois mais pas deux. Pour le reste, son boulot, c’est que dalle! Moi, ça m’a déjà coûté 50 000 euros de frais".

Selon l’association "Solidarité rapt parental", les coûts supportés par le par le parent victime de l’enlèvement de son enfant peut aller de 40 000 à... 125 000 euros. "Un rapt parental, je ne savais même pas que ça existait avant que ça ne m’arrive", continue la maman de Maelis. "On n’est pas prêt à ça. Avant, j’avais une très belle situation. Aujourd’hui, je dois vivre avec un revenu de 450 euros par mois".

Par manque de moyens financiers, beaucoup de parents orphelins de leurs enfants n’ont d’autre solution que de baisser les bras. D’autant qu’obtenir gain de cause devant la justice en Belgique se suffit pas à récupérer ses enfants. De nombreuses démarches judiciaires et diplomatiques sont nécessaires pour obtenir l’exécution du jugement (lire ci-dessous). Les parents ravisseurs usent tant qu’ils le peuvent de manœuvres dilatoires. Et demander l’assistance judiciaire dans le pays où se trouve l’enfant n’est vraiment pas évident.

D’où la proposition de loi déposée par Christine Defraigne, sénatrice MR, en vue de créer une "commission d’aide aux parents victimes de rapts parentaux internationaux". "Elle interviendrait de manière subsidiaire, au cas où aucune autorité administrative compétente n’a répondu de manière satisfaisante et au cas où les moyens financiers du parent qui requiert son aide seraient insuffisants", explique Mme Defraigne.

Cette commission fonctionnerait sur le modèle de la commission d’aide aux victimes d’actes intentionnels de violence; un fonds spécial d’aide serait institué au sein du SPF Justice.

 

Un retour le plus rapide possible

Dès le prononcé. Selon les chiffres de Child Focus, 115 dossiers effectifs d’enlèvement parental ont pu être clôturés en 2008. La pratique montre que la procédure d’un retour peut durer des mois, voire des années. En général, le juge belge accorde au parent "kidnappeur" un délai d’une semaine voire d’un mois pour ramener l’enfant, indique Christine Defraigne. Ces délais sont trop longs car ils permettent à l’auteur de disparaître à nouveau dans la nature avec l’enfant. Sans compter le phénomène d’aliénation parentale dont sont victimes les enfants enlevés.

D’où la proposition de loi de la sénatrice MR qui veut modifier l’article 1322 undecies du code judiciaire afin de permettre au juge d’ordonner le retour de l’enfant ayant fait l’objet d’un rapt dès le prononcé du jugement. (An.H.)

23:38 Écrit par Maeliss , chaque jour la lune a un message pour toi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : christine defraigne |  Facebook |