16.11.2007

les 5 revendications de la grève

TV5 présente les infos belges, bref notre histoire fait le tour du monde.

 

Je n’ai peut être pas été assez claire et je tiens à le souligner, la grève de la faim n’a pas été faite uniquement pour Maëliss, mais pour tous les enfants kidnappés et qui sont séparés du parent victime.

Bien entendu nous avons établi notre liste de revendications :

 

  1. Que la Belgique fasse une enquête concernant les pays non respectueux des conventions, comme l’Allemagne ;
  2. La démission de la députée européenne Evelyne Gebhardt, allemande devant nous représenter nous parents victimes de l’Allemagne, et ne nous représentant, bien évidemment, pas ;
  3. Que la convention de new York ne soit plus appliquée pour les parents victimes du non respect de la convention de la Haye, bref qu’on arrête de nous faire payer des pensions alimentaires à des pays qui nous volent nos enfants.
  4. Qu’une meilleure prévention soit mise en place au sein même de la justice et des affaires étrangères. (on estime que la moyenne annuelle d’enfants kidnappés sur le territoire belge est de 426 enfants.)
  5. Que le SAP soit reconnu officiellement, et que les parents qui utilisent l’aliénation parentale soient punis par la loi, comme aux USA.

13:24 Écrit par Maeliss , chaque jour la lune a un message pour toi dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alienation parentale, greve de la faim, evelyne gebhardt, enlevement enfant, allemagne |  Facebook |

12.11.2007

premier jour en Belgique

J’ai donc arrêté de manger. La presse suisse commence à parler de cette grève. C’est alors que les dernières infirmières qui restaient opposées à mon combat sont venues me dire que finalement elles me comprennent. C’est juste  qu'il est inconcevacle pour elles, qu’on doive en arriver là pour essayer de faire respecter ses droits.

 

Au dixième jour de grève je suis rentrée en Belgique, où m’attendait Pascal. C’est un ami de Suisse qui m’a conduite en Belgique.

 

Pascal m’a installée dans la chambre d’Antoine. Un lit superposé, dans une chambre qui devrait être agréable, seulement si cette chambre est celle de Antoine, on sent bien qu’il y a longtemps qu’Antoine n’y est pas venu.

 

Je dépose mes caisses et ma valise sur le matelas du dessus, et je prends pour moi le lit du bas.

 

L’ami retourne en Suisse et Pascal commence à me parler de parents qui vont nous épauler. 

De Kinou, mère belge dont les enfants ont été kidnappés vers la France.

De Sultana Kouhmane qui a eu ses trois enfants qui ont été kidnappés par le Maroc

De Nancy André dont les six enfants ont été kidnappés vers le liban.

De Pierre dont les jumelles ont été kidnappées par la mère vers Chypre.

De Philippe Paquay dont les enfants ont été kidnappés par la mère vers la Suède.

D’une autre maman, Kadija dont les enfants ont été kidnappés vers le Kossovo.

Hissam papa libanais, ils n’a plus de contact avec ces enfants qui vivent en Belgique.

…….

Si ces parents ne sont pas victimes de l’Allemagne, un point en commun nous relie le fait que nous sommes déçus, TOUS, de l’autorité centrale belge et de la justice.


Nous avons élaboré nos plans, et il a commencé à prévenir la presse. De suite le journal « La Capitale » nous contacte et nous a reçois, c’est pourtant un dimanche.

 

Lundi, premier jour de l’annonce officielle de la grève devant le ministère des affaires étrangères, c’est pour moi le dixième jour sans alimentation.

Nous avons nos chaises, nos pancartes, nos photos, nous prenons la voiture de Pascal. Je m’assieds à ses côtés, je découvre des marrons dans un petit compartiment de la voiture, juste devant moi.

« Tu collectionnes les marrons ? » lui dis je. Voulant dire quelque chose pour détendre l’atmosphère. Pas de chance j’aurais pu tout autant me taire.

« Non, c’est Antoine qui les avait mis dans ma voiture, maintenant si je change de voiture, je les déplace. Ils attendent Antoine, comme moi » me dit il.

 Bon d’accord ce n’est pas moi qui pose les questions intelligentes, c’est certain. Mais après dix ans, je ne pensais pas qu’on puisse encore s’attacher à des marrons ramassés par son enfant.

On reçoit un appel de Sultana : « branchez vous sur RTL radio, ils parlent de vous »

Sultana avait donné un coup de pouce pour le travail de la presse. Bref on saute sur RTL, pardon RTB, et on écoute. Quasi chaque quart d’heure RTL annonce le début d’une manifestation de parents victimes de rapts parentaux. On explique la grève de la faim, les raisons de cette grève.

 

Je me dis, que c’est fou, on n’est pas encore devant le ministère et ils en parlent déjà. Je me souviens même de m’être demandé si, le temps qu’on arrive, le ministère n’allait pas fermer la rue pour nous interdire l’accès.

 

On se retrouve peu avant huit heures du matin devant la porte. On a à peine déposé nos affaires qu’arrive, de tout côté, la presse; caméra, radio, prise de son avec les micros « sur échasses »…

 

Je vois dans les mêmes temps un homme qui se dirige vers moi, il me regarde avec un sourire crispé. Je me dis que je le connais, mais entre les journalistes, la presse, le téléphone qui n’arrête pas de sonner, j’essaye de me rappeler de lui.

Il ressemble à ma grand-mère me dis je. C’est alors que tout à coup je sursaute, je comprends, c’est mon père. Avec un peu moins de cheveux, quelques kilos de plus, grisonnant, et gris de peau.  Il est à 50cm de moi, je suis étonnée, et j’arrive même encore à lui faire la bise : preuve que je n’étais pas prête à cette visite. Il répond à ma bise, on s’est dit bonjour sans aucune chaleur, froidement, comme si nous avions été des robots qui se cognaient malencontreusement. Et pour tout dire je ne suis même pas certaine que ce ne fût pas, après ,que j’ai compris que c’était mon père.

 Les journalistes pas du tout intéressés par ce genre de retrouvailles, ce que je comprends bien, me « sautent dessus », je réponds aux questions.  Mais il faut que j’en parle à Pascal qui se tient à côté de moi. Il connaît la situation de mes relations avec lui, et il connaît aussi parfaitement bien la déclaration écoeurante de mon père. à la juge allemande.

 

J’en profite lorsqu’un caméraman me demande de bouger pour une prise de vue, pour dire à Pascal ,qui est le vieil homme qui s’est présenté à moi.

 

Je crois qu’il m’a répondu une truc du style : « on s’en fout, c’est pas le moment des explications, il aura tout le temps pour te voir maintenant »

Et c’est exact, c’est aussi ainsi que je considère les choses, il n’empêche que je pensais que mon père avait peut être eu les dix jours de réflexion nécessaire.  (D’accord retraitez moi de conne. Mais comme toute personne victime on aspire qu’un jour on pourra accorder un pardon en échange d’une reconnaissance des erreurs de la partie qui a fait le mal)

LaCapitale1eraout2

 

Pascal, Jean Claude et moi

C’est le 14 juillet 2005, je suis dans la cuisine de JC, c’est ma place chez lui, il adore manger et encore plus quand c'est quelqu'un d'autre qui prépare le repas…

Pascal doit arriver, on l’attend d’une minute à l’autre. Je suis en train de couper des fraises pour le dessert.

 

Je ne l’entends pas arriver, et d’un coup quelqu’un arrive et me chatouille « rapide » à la taille. Je sursaute, me retourne. « C’est qui celui là ? ». Pour un gars qui a toujours prôné le vouvoiement il me saisit par sa familiarité inhabituelle.

 

 

Je découvre ainsi le visage de Pascal, un père victime du rapt de son fils vers l’Allemagne qui se battait alors depuis 8 ans. Nous sommes en contact ensemble depuis le 14 février 2004, par email, par téléphone, ou par fax, nous avons fait des recherches ensemble, et dénoncé des actions allemandes abominables. C’est d’ailleurs avec lui que nous nous sommes rendus compte que les allemands prennent toujours, pour défendre la position allemande de l’enfant, la même avocate, une certaine Me Ernst, qui décide toujours que l’enfant est trop bien dans ce pays et qu’il serait dangereux de le rendre au parent victime. Bref de quoi mettre en évidence la clause 13 bis qui est reconnue ailleurs comme la faille de la convention de la Haye. Une faille que les allemands aiment utiliser à chaque fois.

 

Nous allons passer près de 36h00 ensemble, à trois afin de juger de ce qui serait bon de faire dans l’avenir. Très rapidement, nous sommes d’accord sur la grève de la faim, nous pensons qu’il doit y avoir enfin un mouvement dénonciateur.

Pascal m’avoue qu’il voulait enfin rencontrer la femme qui veut faire la grève de la faim, car il avait décidé que si « nous deux » « ça collait », si il sent pouvoir avoir à faire à une femme équilibrée et déterminée, il est prêt de s’investir à fond à mes côtés. Il prendra le temps de parler seul avec JC qui va certainement aussi le convaincre, et il prendra deux bonnes heures avec moi pour me poser des questions.

 

Pascal est d’accord, plus aucun doute pour lui, mais il veut que je la fasse en Belgique, plus en Suisse. JC accepte le raisonnement de Pascal.

 

Ce que Pascal fait avec JC, c’est ce que j’aurais voulu faire il y a un an et demi avec le CEED.

J’en avais parlé à Olivier Karrer. Mais en ce temps là il n’y croyait pas il sortait lui-même d’une expérience de grève de la faim, et on ne se connaît alors que très peu.

 

En effet, il y a quelques années d’autres parents l’ont déjà fait, à plusieurs reprises d’ailleurs. Souvent cela s’est terminé en quasi échec, il nous fallait donc trouver un moyen de faire, encore mieux, connaître le problème au public et à la presse.

Beaucoup de parents ont fait la grève de la faim, Maurice, Olivier, Michaël,...  

 Olivier Karrer explique sur son site du CEED que des représailles ont suivi la grève de la faim de 23 jours en juillet 2000 à Berlin, entre autre, aussi, à la suite de la diffusion d’un reportage sur ARTE par :

 

  • à Monsieur Opigez qui n'a pas vu ses enfant enlevés depuis 1997:
    demande d'exequatur (c'est à dire faire valoir la décision unilatérale allemande) de l'Etat allemand en paiement de 9.000 Euros de pension alimentaire, contre le citoyen français Opigez, en lieu et place du parent allemand rapteur,
  • à Monsieur Michael Hickmann qui n'a pas revu ses enfants enlevés depuis 1996:
    de quitter le territoire de la République Allemande avant fin novembre 2002, avec avis d'expulsion officiel
     
  • à Monsieur Olivier Karrer qui n'a pas revu son enfant enlevé depuis 1999:
    d'être condamné à 250.000 Euros d'amende ou 6 mois de prison s'il tente de s'approcher de son fils

 

 Pour ma part l’emplacement de la démonstration devait se faire devant un ministère belge, pour Pascal il lui semblait plus cohérent de le faire devant l’ambassade d’Allemagne. Je comprenais son choix, mais ce choix est aussi une des raisons de l’échec de nos prédécesseurs, en matière de grève de la faim. Ce n’était pas le seul, un autre point qui joue en défaveur des papas victimes, c’est que des larmes d’hommes n’intéressent pas trop les journaux. Et puis en ces temps là, on voulait la constitution européenne, donc cette mauvaise publicité aurait pu malgré tout influencer une opinion publique. Un publique que certains comme Mitterrand, Chirac, Schröder, …. , voulaient garder bien calme comme des petits moutons pour les élections européennes.

 

Et les Allemands se contrefichent bien qu’un parent manifeste devant chez eux. La presse en faisait part, mais rien de très impressionnant.

 

Faire la grève de la faim devant un ministère avait pour moi un sens logique et cohérent. Je m’attaquais à ceux qui auraient du nous défendre et défendre nos enfants qui sont nés binationaux et qui par leur intolérable « je m’enfoutisme » sont devenus des enfants allemands.

 

Je voulais bien rentrer en Belgique si Pascal me promettait aussi que je recevrais un appui de tous là bas, des parents et des associations. Il me l’a promis. Je voulais en aucun cas rester seule devant ce ministère.

 

Je suis retournée à l’hôpital en annonçant que je commencerais la grève le lendemain ; les médecins ont accepté, malgré que certains infirmiers n’aiment toujours pas cette nouvelle loi qui pourrait mettre ma vie en danger.