12.09.2008

Le retour de Sadija

Sajida est rentrée!


Je tiens avant tout a préciser que les commentaires, que je vais déposer, ci dessous, sont strictement personnels. Sosraptsparentaux n'a aucune responsabilité dans ce que je vais écrire.


Autre petit détail que seul ceux qui me connaissent où qui suivent mon combat comprendront:

Je ne pouvais écrire ces quelques lignes sans Linda Lemay dans mes oreilles, j'ai choisi un CD au hasard et cet hasard a commencé par .... « Je veux te prendre dans les bras », Sacrée Lynda...


Parce que t'es ma source et mes racines
Parce que t'es ma cigogne et mon chou
Parce que dans ton ventre il y a
Mon pays d'origine
Je voudrais te prendre dans mes bras
Que je sois ton regret le plus tendre
Que je sois ton plus mauvais souvenir
Que je me sois fait donner ou vendre
J'ai jamais cessé d't'appartenir !



J'ai donc franchi la porte de aéroport celle des arrivées. Celle que l'on franchit trop rarement. Cela fait presque 14 ans que Sadija est attendue, presque 14 ans que la cauchemar aurait du s'arrêter.

Aujourd'hui c'est le 11 septembre 2008, un 11 septembre...date étrange... c'est la deuxième fois qu'un enfant revient à cette date, sans oublier que c'est aussi une date particulière pour Nancy à qui on avait aussi promis qu'elle pourrait commencer à espérer de revoir ses enfants, un 11 septembre... de 2007...


Je découvre une table où se collent des parents. Des mères et des pères qui connaissent cette souffrance, ces années où les autorités belges hésitent à nous soutenir et à reconnaitre nos enfants comme les leurs...Des années qui ont permis à des inhumains de bafouer les droits de nos enfants...

Sultana Kouhmane et Véronique


C'est la première fois que j'ai vu Sultana aussi petite, aussi légère, aussi ... proche de la liberté...comme si elle venait de faire tomber son voile.

Jean Paul Procureur et Sultana Kouhmane


Il y a une chose que je n'ai pas comprise, une seule chose, c'est la présence de l'autorité centrale. Nos dossiers s'accumulent dans les bureaux de l'autorité centrale pendant des années, pendant que nous attendons de recevoir une réponse, un geste, un retour. Pendant des années nos enfants ne semblent pas être leur souci. « on ne va tout de même pas se mettre à dos des pays qui ne respectent pas des conventions, pour de la marmaille... » n'est ce pas? Mais ce soir ils ont voulu être représentés.

Marie France et Sabine Vander Elst


La déchirure, la souffrance, les chagrins accumulés devraient ils s'effacer à la suite d'un retour après autant d'années? Quelle place a l'autorité centrale à cette table... Ce moment si précieux, celui qui n'arrive que si rarement pourrait tout simplement se vivre dans un nuage de pudeur. Je ne comprends pas comment l'autorité centrale peut envahir ce moment précieux, celui qu'on nous vole depuis des années, celui qu'ils nous ont eux aussi volés en acceptant tout simplement d'assister au fait que nos droits, les droits de l'homme et de l'enfant, sont bafoués, salis, écraser à coup d'injustice et de magouilles politiques.


Enfin je ne suis pas dresseur de chiens, mais il me semble que les récompenses on y a droit uniquement quand on a réussi quelque chose...


L'avion était en retard.


Comme d'habitude il y avait un homme qui n'a jamais été en retard et qui était bien entendu là, c'est le Sénateur Jean Paul Procureur. Pour ceux qui ne savent pas encore qui il est, autant le dire, c'est probablement l'homme et le politicien qui n'a jamais cessé de se battre pour défendre nos enfants et notre combat depuis des années, c'est aussi probablement le seul qui a toujours su tenir sa parole, ses promesses et qui n'a jamais fermé les yeux par facilité. exception qui confirmerait la règle peut être.

Jean Paul Procureur


Présent aussi, et cela nous a fait très plaisir, c'est Monsieur Gillet de la Police Fédérale. Parfait comme toujours, mélangeant intelligence, professionalisme et surtout humanité.

Monsieur Gillet


Une caméra de la RTBF discrète pour emballer les images de ses moments précieux...

RTBF retour Sadija


L'heure tourne, les cœurs battent, comme si Sadija nous ramenait dans ses bagages un peu de notre enfant, un peu d'espoir, un peu de chaleur.


Lorsque Sadija traversa la porte accompagnée de sa maman, de son frère, de sa grand mère, nous avons vu le visage d'une enfant qui a gardé encore toute son innocence


Entre la femme qu'elle est devenue trop vite et l'enfant qu'elle fut...


Il semble qu'il est resté en elle, un trésor caché qu'elle a emporté... on aurait dit, en la voyant arriver, que Sadija a conservé chacune de ses années, précieusement, pour les offrir à sa maman.


Et voir Sultana et sa fille serrée l'une contre l'autre a été un cadeau merveilleux que nous avons eu la chance de pouvoir partager.


Lorsque Sadija passa à côté de nous, j'ai essayé comme les autres de croiser son regard, mais Sadija ne nous voyait pas, elle semblait pouvoir voir que ces retrouvailles et rien d'autre ne pouvait la perturber.

le retour de Sadija


C'est après quelques minutes que timidement nous avons pu chacun à notre tour nous approcher d'elle.


J'ai été vers elle, je l'ai regardée, lui ai tendu mon cadeau et je lui ai souhaité «  bien venue à la maison », et c'est alors qu'elle leva les yeux et que j'ai vu un regard extraordinaire, des yeux qui s'illuminent comme un lâché de colombes dans un ciel bleu... je ne vois pas d'autres mots pour vous parler de ce regard que je n'oublierai jamais.


Sultana nous a ensuite tous serrés dans les bras et a pu rentrer chez elle avec sa famille, presque au complet vu qu'il manquait malheureusement, ce soir, la présence de la fille ainée.

Pierre Goset et le mari merveilleux de Sultana


Je ne sais pas si vous pouvez imaginer que cela fait des années que Sultana n'a pas encore pu avoir une photo de sa famille au complet, J'espère du fond du cœur que cette photo sera très vite possible et qu'elle pourra très bientôt l'accrocher dans son Salon. Comme n'importe quelle maman...


Et puis, franchement, Sultana n'est pas n'importe quelle maman, elle a du mérite pour s'être battue comme elle l'a fait.


Je voudrais te prendre
Je voudrais te prendre dans mes bras
Et me reconnaître dans tes yeux
Je voudrais te dire que j't'en veux pas
Même si y a des soirs où je t'en veux
Que tu te sois damné les entrailles
Ou que tu m'aies fait des demi-frères
Si tu te présentes aux retrouvailles
Je veux que tu m'serres
Je veux que tu m'serres dans tes bras !!!

la coccinelle de Sadija


Sans toi, Sadija, tout ceci n'aurait jamais pu être possible.

01:12 Écrit par Maeliss , chaque jour la lune a un message pour toi dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rapt parental, sultana kouhmane, autorite centrale, sadija, enlevement enfant |  Facebook |